Les Amis de Saint Colomban

Une nouvelle boucle sur la Via Columbani : 19 km entre forêt, histoire et industrie

Vendredi 5 juin 2026, les Amis de Saint-Colomban ont vécu leur cinquième marche mensuelle des premiers vendredis, sous une belle lumière estivale. Cette randonnée, organisée dans le cadre de la création d’une future boucle exploitant la Via Columbani 05.590 France 3/3, a réuni douze pèlerins motivés, désireux de découvrir un patrimoine exceptionnel : la forêt de Darney, l’ancienne abbaye cistercienne de Droiteval, la vallée de l’Ourche et un arborétum chargé de mémoire.

Le départ était fixé à 9 h, au Musée du verre, du fer, du bois et de la Résistance, situé en pleine forêt, à l’emplacement de l’ancienne tranchée Charlemagne, à Hennezel (88). C’est en covoiturage que nos douze marcheurs se sont retrouvés pour entamer une boucle de 19 kilomètres avec un dénivelé modéré de 330 mètres. François Gérard, qui avait participé au tracé de ce parcours, a animé la journée avec passion.

Sur les traces des maîtres verriers et des forges royales
Dès les premiers kilomètres, la forêt nous a conduits dans la vallée de l’Ourche. Les hameaux industriels de La Hutte et de La Forge Neuve (commune de Claudon) ont offert une plongée dans le passé : scierie, verrerie fondée en 1544 par François de Hennezel de Senennes, papeterie de Jehan de Moulon, puis forges créées en 1724 et devenues manufacture royale d’acier en 1749. L’émotion était forte devant la chapelle-école de La Hutte, laïcisée en 1902, vendue à l’abbé Karam, transformée en hostellerie sans succès, puis rachetée en 1944 par le curé de Saint-Antoine d’Épinal pour y accueillir des colonies de vacances. Faillite, disparition des forges, reconversion en filature… La Neuve Forge appartient désormais à la société électrique du Pont du Bois.

La randonnée s’est poursuivie en forêt, par La Grange au Bois puis Attigny, où le majestueux Grand Pont sur la Saône a mérité une halte. Il n’était pas encore midi lorsque le groupe s’est dirigé vers l’abbaye de Droiteval, après avoir traversé le bois d’Attigny.

Dans un écrin de verdure et d’eau, l’Abbaye cistercienne de Droitevalfondée en 1160 par le seigneur Aubert de Darney a accueilli des religieuses jusqu’au XVe siècle. Devenue prieuré au XVIIIe siècle, elle a abrité une verrerie, puis des forges spécialisées dans la fabrication des faux. Au XXe siècle, elle a servi de petit séminaire avant de devenir un lieu d’accueil. Aujourd’hui, l’église et les bâtiments conventuels sont une propriété privée accueillant un centre d’Art et de Culture. Un magnifique orgue provenant de la salle Poirel de Nancy y résonne chaque été.

Une halte généreuse au « Val de la Bonne Vie »
Nous avons été accueillis chaleureusement par le propriétaire du nouveau gîte « Le Val de la Bonne Vie », qui a ouvert ses portes malgré l’heure de fermeture pour nous permettre de pique-niquer. Toujours avec le sourire, il a réorganisé ses tables pour le groupe. La discussion a révélé qu’il dispose de quatre chambres pour randonneurs et qu’il peut assurer les repas du soir – une adresse précieuse pour les futurs marcheurs de la Via Columbani.

Dernière étape : l’arborétum et le musée d’Hennezel
La randonnée s’est achevée en longeant l’Ourche jusqu’à l’ancienne maison forestière des Senennes, puis en s’enfonçant dans le bois du Verbamont. De retour au hameau de La Hutte, les marcheurs ont visité l’arborétum avec ses séquoias géants et fait le tour de la chapelle-école (désormais interdite au public). Enfin, la vallée de l’Ourche a conduit le groupe jusqu’au Musée d’Hennezel – Clairey. Ce musée du verre, du fer, du bois, de la broderie et de la Résistance retrace l’épopée industrielle de la vallée, où l’on comptait 28 maîtres verriers en 1572. Aujourd’hui, il n’en reste que des traces, mais la mémoire, elle, reste vivante.

Cette cinquième marche des premiers vendredis du mois fut bien plus qu’une simple randonnée : un voyage dans le temps, une plongée au cœur de l’histoire industrielle et spirituelle de notre belle vallée de l’Ourche. Les douze pèlerins des Amis de Saint-Colomban en sont repartis les yeux pleins de paysages, l’esprit nourri de récits, et le carnet rempli d’adresses amicales – comme celle du gîte « Le Val de la Bonne Vie ».

Grâce à des animateurs passionnés tels que François Gérard, grâce à l’engagement de tous, la Via Columbani se tisse pas à pas, boucle après boucle. Cette randonnée de 19 km, par son patrimoine exceptionnel et sa convivialité, mérite de devenir une étape incontournable du chemin. Rendez-vous est pris pour la prochaine marche du premier vendredi : la route est encore longue, mais le cœur des Amis de saint Colomban ne manque ni d’élan, ni de ferveur.

Jean-Gabriel Merlevède

L’abbatial cistercienne de Droiteval

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