Un séjour mêlant efforts, amitié et partage
4 et 5 mai 2026 – 12 marcheurs
Comme toujours, une belle complicité et une ambiance chaleureuse ont marqué ces deux jours. Le temps était gris, avec quelques gouttes en fin de parcours le deuxième jour.
Lundi 4 mai : Breuche-les-Faucogney → Girmont-Val-d’Ajol
23 km, 781 m de dénivelé positif
Rendez-vous à 9 h à Breuche 70 pour le départ. La journée commence par une montée soutenue jusqu’à la chapelle et à la grotte de saint Colomban, lieu chargé de spiritualité et d’histoire. Nous traversons ensuite la région des Mille Étangs, les hameaux de Belle Fleur, le Breuchot et Rovillers, où nous visitons la chapelle de Rovillers-le-Haut.
La marche se poursuit sur le « GR de pays Châteaux et Villages de Haute-Saône ». Par la suite, le sentier finit par s’effacer : nous devons traverser prairies et ruisseau, une aventure inattendue vécue dans la bonne humeur. Nous entrons alors dans le Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Après avoir franchi le ruisseau La Méreille, une montée de 5 km, passant par Le Beuny, nous mène chez notre ami randonneur François, qui nous offre un rafraîchissement et une collation bien appréciés. Il ne nous reste plus que quelques centaines de mètres pour atteindre le Chalet de la Combeauté, lieu de notre hébergement (certains randonneurs ont profité de la piscine).
Le repas a lieu à l’auberge « Chez No ». Nous sommes accueillis par Mimi avec une sympathie remarquable, et le repas est des plus copieux.
Mardi 5 mai : Girmont-Val-d’Ajol → Saint-Mont
21 km, 532 m de dénivelé positif
Après une nuit réparatrice, le départ est donné à 8 h 30 devant le chalet de la Combeauté. Le parcours, balisé par le Club Vosgien, passe au Moulin Picard, puis longe l’étang Le Villerain pour rejoindre le GR 7 sur la ligne de crêtes. Commence alors la longue descente sur Remiremont, en passant par La Croisette – avec une magnifique vue sur la vallée de la Moselle – puis le Grand Riez, avant d’arriver dans les premiers quartiers de Remiremont (Les Bruyères, La Magdeleine) jusqu’au kiosque et calvaire surplombant toute la ville.
Après le pique-nique tiré du sac à cet endroit, nous entamons la descente et visitons l’abbatiale Saint-Pierre et sa crypte. Cette église paroissiale était autrefois l’église abbatiale de l’abbaye de Remiremont. Elle se situe au centre du quartier dit canonial, où l’on peut encore voir des maisons de chanoinesses, un hôpital et le palais abbatial, qui abrite aujourd’hui la mairie.
La randonnée continue dans la ville, traverse et longe la Moselle sur une centaine de mètres, puis atteint le centre de Saint-Étienne-lès-Remiremont et le sentier des Ducs, qui nous mène jusqu’à la chapelle du Vieux Saint-Amé. Cette chapelle témoigne du lieu où vécut en ermite Amé de Remiremont, disciple de Colomban, né vers 560 à Grenoble et mort vers 627 à Remiremont.
La partie la plus pentue de la journée nous attend désormais pour atteindre le Saint-Mont, point culminant du séjour.
Depuis la haute Antiquité, la partie sommitale du Saint-Mont a toujours été un lieu de culte. Les Gaulois y vénéraient le soleil Belen, les Gallo-romains le dieu Mithra, apporté par les Romains, qui ont construit sur l’actuel Saint-Mont la forteresse Castrum Habendi.
Le monastère double du mont Habend (620-630) fut fondé par deux moines de Luxeuil, Amé et Romaric.
Tout commence vers 615-620, lorsque saint Eustaise, de retour de Bobbio, rencontre un ermite nommé Amé, installé dans la paroi rocheuse surplombant le monastère de Saint-Maurice d’Agaune, au bord du Rhône supérieur. Amé rejoint Eustaise et devient moine à Luxeuil.
Peu après, Amé est envoyé à la cour du roi d’Austrasie à Metz. C’est là qu’il rencontre un seigneur, Romaric, qui possède la terre du mont Habend.
Suivant l’exemple de saint Colomban à Annegray, les deux moines s’installent dans un ancien castrum. Leur communauté est à l’origine du Saint-Mont où ils y installent la pratique chrétienne au VIIe siècle.
Il ne reste plus qu’à descendre pour retrouver nos quatre amis de Saint-Colomban – Jacques, Gérald, Arnaud et Patrice, non marcheurs – venus nous récupérer au parking de l’auberge Saint-Romary pour nous ramener jusqu’à Breuche, point de départ du séjour. Grand merci pour leur dévouement.
Malheureusement, une chute d’un de nos randonneurs dans la descente du Saint-Mont a nécessité l’intervention des secours (à noter, l’intervention rapide et efficace des sapeurs pompiers) La solidarité du groupe a été, une fois encore, au rendez-vous.
Malgré cet incident malheureux, ce séjour restera marqué par la beauté des paysages et la force des liens qui unissent les membres de notre association.
Jean-Gabriel Merlevède
